Concert Mozart, Bizet et Schumann.

Un beau programme éclectique chic proposé par Claude BARDON qui dirige l'Orchestre Symphonique de Vendée accueilli par les communes du Langon et de La Guérinière en Vendée.

L'introduction du concert se fait avec la mystérieuse et solennelle ouverture de La Flûte Enchantée de W.A MOZART , suivi par la fraîche et surprenante Symphonie en Ut Majeur de Georges BIZET , et pour conclure la magistrale Symphonie n°4 de Robert SCHUMANN.

Concert donné en Février 2016

 

 

 

« Il suffit que la foule prenne plaisir à la vision du spectacle : aux initiés, n’échappera pas, dans le même temps, sa haute signification ». Goethe

La Flûte Enchantée est appelée communément Opéra, en réalité il s’agit d’un « Singspiel », une œuvre théâtrale chantée avec une alternance de dialogues parlés et d’airs. Souvent composés d’éléments magiques, comiques ou romantiques, présentant des visions caricaturales du bien et du mal et mettant en scène des créatures fantastiques. Tourné vers le public populaire, le Singspiel rassemble les caractéristiques que l’on retrouve dans la Flûte Enchantée. Et pourtant, sous cet habillage, W.A. Mozart aborde des sujets bien plus sérieux, avec une œuvre qui répond dans un aboutissement musical et intellectuel total à l’image que l’on se fait de Mozart. Un homme épris de la vie, lui-même plus souvent qu’à son tour farceur voire grivois, révélant un fabuleux génie qui nous questionne encore au niveau émotionnel et intellectuel dans cette musique au symbolisme fort, à part,absolue.

L’ouverture :Une entrée magistrale pour une œuvre magistrale à symbolisme maçonnique dont la représentation par trois coups répétés trois fois sur un même accord unique entrecoupés de cours silences, se fait entendre en milieu d’ouverture. Ils rappellent les coups frappés à l’entrée de la Loge maçonnique. L’ouverture mêle d’emblée solennité, gravité et traits d’humour avec des sautillements de cordes dans un style « fugué » et l’accompagnement mélodiques des bois et des vents, comme une cavalcade qui annoncera l’entrée par la suite dans le premier acte du héros Tamino, poursuivi par un serpent géant.

 

La symphonie en ut majeur

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G.BIZET

le philosophe Friedrich Nietzsche considéra la musique de Bizet comme l’incarnation d’un « art méditerranéen » .

Georges BIZET était âgé seulement de 17 ans quand il composa sa Symphonie en Ut majeur en 1855. Elle ne fut pas exécutée puisqu’il la considérait comme un « exercice d’école ». Finalement, la partition fut redécouverte en 1932 et jouée pour la première fois à Bâle en 1935 et à Paris en…1936 !

Cette symphonie devint dès lors très populaire. Une œuvre de jeunesse,  mais très bien architecturée, démontrant la précocité d’un grand talent de composition et ce dès le premier mouvement.

Mais c’est le deuxième mouvement en Adagio qui semble le plus surprenant et le plus « frais ». Une envoûtante touche d’exotisme annonciatrice du mouvement orientaliste fait onduler les notes comme des fumées d’encens dans un décor oriental. Une étonnante poésie et un charme fou s’en dégagent encore aujourd’hui et fait de l’auteur du très célèbre opéra Carmen, un compositeur vivant, populaire, aimé et surtout inspirateur. Nous connaissons aujourd’hui la notion de musique du monde, Bizet à n’en pas douter pourrait s’y inscrire !

 

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Robert SCHUMANN et son épouse Clara.

« Créer tant qu’il fera jour » R. Schumann

 

La Symphonie n°4 en ré mineur op 120

C’est dans une frénésie d’écriture que Schumann composa en 1851 cette symphonie reprise de celle composée 10 ans plus tôt sous le titre de Fantaisie Symphonique. En quatre mouvements  joués d’un seul tenant cette symphonie est en hommage à Clara . Au travers de ces mouvements, les thèmes circulent sur un principe cyclique, revenant chacun à leur tour. Le principal est présent au début et à la fin comme une soudure. Un thème à la fois nostalgique et romancé qui laisse dans l’esprit comme une mélopée triste mais forte. Le premier mouvement s’ouvre donc ainsi, sous l’emprise d’une romance ponctuée par un autre thème fort et passionné qui nous installe d’emblée dans le propos de l’œuvre : une urgence à dire sa passion et le bouillonnement ininterrompu de Schumann. Ces motifs tout au long de la symphonie sont comme les rimes d’un poète, impression très accentuée dès le deuxième mouvement où une douce mélopée dense et expressive se fait entendre dans un beau dialogue entre les hautbois et les violoncelles. Comme le poète, Schumann utilise la nature des instruments, comme on utilise la nature des mots. Il utilise la couleur des motifs, comme l’écrivain la musique de sa phrase pour dessiner l’intériorité et la faire ressentir. C’est véritablement une symphonie « amoureuse » que l’on entend ici.

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