Voyage d'un grand chef : Claude BARDON

Issu d’une famille de musiciens, Claude Bardon est né à Angers en 1942. Il obtient en 1966 le 1er prix de violon du CNSM de Paris. Charles Munch l’engage alors comme 1er violon à l’Orchestre de Paris qu'il vient de créer.

En 1974, alors qu’il commence à travailler la direction d’orchestre, Daniel Barenboim (directeur musical de l’Orchestre de Paris de l'époque) le nomme assistant puis lui confie plusieurs concerts. Sa carrière se poursuit en accompagnant de grands solistes tels que Y. Menuhin, M. Rostropovitch F.R. Duchable et bien d’autres. Il a remporté par deux fois le Grand Prix du disque de l’académie Charles Cros.

Après avoir été chef associé de l’Orchestre de Lyon en 1985, Claude Bardon est nommé Chevalier de l’Ordre National du Mérite. Il devient principal chef invité de l’Orchestre du conservatoire de Caen, avec lequel il diriga la 9e symphonie de Beethoven pour le 50e anniversaire du débarquement.

En 1996, il est nommé directeur musical de l’Orchestre de Vendée par le Conseil Général. Parallèlement il est Chef invité de l’Orchestre de chambre de Belfort et directeur musical de l’Orchestre de l’Institut National des Sciences appliquées de Lyon.

Chef invité de nombreux orchestres français, il évolue souvent à l’étranger (Canada, Allemagne, Luxembourg, Italie, Chili, Mexique ou Russie). Mais c’est avec l’Orchestre de Vendée qu’il a choisi d’unir sa baguette. Il a fait briller son 20e anniversaire en 2014, événement exceptionnel révélateur d’ambitions communes et de bonheurs symphoniques partagés.

 

Interview de C. Bardon par Tatiana Dolgorouky - 13/09/2016

La révélation : devenir chef d’orchestre comme un "héritage dans le subconscient".

Claude BARDON nous évoque son chemin artistique et parle de lui-même. Ecoutons-le...

Le démarrage c’est quelque chose qui part du subconscient de la personne .

"Le départ c’est sans m’en rendre compte la mort de Charles MUNCH à Richmond aux Etats-Unis en novembre 1969. Parce que ce jour là, la veille, on avait joué avec Charles MUNCH à Raleigh dans une salle de basket qu’ils avaient coupée en deux. Comme il y avait 18000 personnes qui assistaient au concert ils avaient scindé en deux représentations de 9000 places, avec la Fantastique et La Mer de Claude Debussy. Le lendemain on devait jouer à Richmond, et on jouait le même programme le lundi et MUNCH est mort dans la nuit de dimanche à lundi ! Crise cardiaque en pleine nuit, son secrétaire et ami a voulu le réveiller le matin et a constaté son décès. Le lendemain matin, tout le monde était sous le choc, il était presque envisagé de supprimer le concert mais en définitive une moitié du concert à été jouée.

Le défunt a été exposé l’après-midi dans un cercueil, nous sommes venus nous recueillir (on habitait dans l’hôtel du tournage de « Autant en emporte le vent »), moi je suis resté le dernier. Lui était protestant, moi catholique, on était très croyants l’un comme l’autre. Je suis resté plus longtemps que les autres, le service des pompes funèbres américain m’attendait pour refermer le cercueil. C’est forcément là qu’il s’est passé quelque chose. Il s’est passé quinze ans avant que je ne récupère sa musique [les partitions de Munch]. On a fini la tournée en Amérique.

J'ai repris la saison de l’Orchestre de Paris avec Karajan directeur. 1970, 71, 72 passent, j’étais premier violon, rien, pas de signe particulier. On avait une chance inouïe : avoir les meilleurs chefs du monde ! Un jour arrive, en avril 1974 : Léonard BERSTEIN vient diriger comme chef invité, on ne l’avait jamais vu avant ! Grand évènement ! Pour nous c’était West Side Story.

Bernstein commence la répétition, tout l’orchestre se dit « c’est la résurrection de Munch » ! Parce qu’il avait été l’assistant de Munch à Boston qui avait été quatorze ans directeur musical de l’Orchestre de Boston (avec entre autre comme assistant Bernstein et Ozawa). Quand on voyait Bernstein diriger la 3ème de Mahler, sa gestuelle... Là ce fut le deuxième déclic en somme, là ça m’a fait plus réfléchir sur mon rôle de violoniste, j’estimais que je n’étais pas suffisamment satisfait de ce que je faisais, j’en voulais un petit peu plus, c'est-à-dire de mieux connaître mon rôle comme exécutant. J’achète la partition de Mahler, c’est là que j’ai décidé de m’intéresser à la direction d’orchestre pour mon perfectionnement personnel. Si je voulais me perfectionner dans la connaissance de la musique, je devais connaître les rudiments sur la direction d’orchestre mais ce n’est pas suffisant d’ouvrir une partition !"

 

Le deuxième déclic

"J’étais professeur de violon à l’Ecole Normale, Pierre DERVAUX* était professeur de direction d’orchestre à l’EN, je suis allé le trouver avec quelques collègues de l’orchestre pour lui demander d’assister à ses cours. Il était d’accord et nous a dit que l’on pourrait participer.

Dervaux me donne la Pastorale de Beethoven à travailler, la première œuvre symphonique que j’ai entendue enfant, à sept ans, à la radio. C’est la première œuvre qui m’a ouvert les « voix de l’orchestre ».

Cela se passait dans une salle de concert de l’EN, Pierre Dervaux avait une formation pourvue d'un quintette à corde, un piano et parfois une clarinette, un cor…Un jour il me fait diriger à la fin du cours, il me dit comme ça «  Claude, tu as un bras, il faut que tu creuses  ».

J’étais très ami avec le directeur du conservatoire de Strasbourg qui avait besoin de quelqu’un pour l’aider sur les cordes durant les classes d’orchestre pour son festival de Saint-Céré. A Saint-Céré j’ai eu des cours de direction d’orchestre en amenant mon savoir-faire sur les cordes, les coups d’archet… Mais j’ai eu surtout, le plus important, les cours d’analyse musicale, parce que j’avais beaucoup de mal à comprendre une partition. Cela a été une véritable « explosion », j’ai mieux compris le travail de la musique de l’intérieur sans le passage obligatoire par l’exécution. L’audition intérieure. Pour un musicien, en dehors de la connaissance du travail collectif, le travail du musicien individuel se fait à la maison."

On pense que c’est magique le travail d’un chef, il est seul face à sa partition et il entend la globalité de l’oeuvre.

"Pour le chef, c’est le puzzle qu’il doit reconstituer ! Moi je suis un élève un peu particulier, je n’ai pas eu un cursus scolaire de direction d’orchestre comme beaucoup, les élèves du CNSM par exemple.

Il m’a fallu raccorder les morceaux, c’est d’abord ma présence dans l’orchestre qui me l’a permis : sans que l’on s’en rende compte, nous les musiciens on capte la majorité des partitions.

Saint-Céré, les cours d’analyse musicale, c’était en tant que musicien, et sans ambition réelle de devenir chef d’orchestre. Malgré tout, au fur et à mesure des programmes dès la rentrée de l’Orchestre, j’étais heureux de participer avec une meilleure connaissance !"

 

Le troisième déclic

"En décembre 75 c’est l’épisode Ievgueni Svetlanov*, quand il a demandé à un musicien de monter sur le plateau. Ca ne s’était jamais produit à l’Orchestre de Paris ! Le violon solo Yordanoff était malade, on demande à un violoniste qui refuse, moi j’étais parmi les « jeunes » de l’orchestre avec sept huit ans d’ancienneté. Ça se passait au Palais des Congrès, c’était la troisième symphonie de Scriabine, qui n’était pas connue au répertoire de l’Orchestre de Paris, c’était la première fois que l’on jouait cette œuvre. Finalement, je suis monté au pupitre. Svetlanov avait une interprète parce qu'il ne parlait pas français. Cela a duré un quart d’heure: c’est vraiment très long ! Svetlanov s’était installé dans les premiers rangs à l’orchestre du Palais des Congrès pour écouter. Quand il est revenu au pupitre, il a continué là où je m’étais arrêté, cela a beaucoup surpris mes collègues, il n’a pas repris dès le début.

Avez-vous eu le trac ?

"Non j’ai vécu un rêve ! C’est indescriptible, je monte au pupitre et je me dis : j’ai une responsabilité ! Vous montez sur le plateau, vous avez vos collègues, une grande formation de 110 musiciens !

J’avais expliqué à Svetlanov dans la matinée que je prenais des cours avec Pierre DERVAUX*, c’est là qu’il m’a dit la seule phrase en français : « Jeune homme il faut continuer » et ce sont des paroles gravées dans ma mémoire.

On a continué la répétition, la Symphonie Classique de Prokofiev et il m’a rappelé pour le deuxième mouvement ! Et là j’ai dirigé par cœur ce mouvement. Moi qui étais un garçon très timide, j’ai impressionné mes collègues. A la fin de la répétition j’ai été convoqué par la direction, on m’a dit « Claude vous êtes un petit cachottier, vous nous aviez caché votre talent, nous avons parlé avec Svetlanov, il y a les essais acoustiques du Palais des Congrès dans trois jours, on vous les confie ! »

Six mois après arrivait Barenboïm comme directeur de l’Orchestre de Paris, il avait un cahier des charges, il voulait un assistant. L’Orchestre de Paris ne voulait pas d’un assistant imposé par le Ministère, ils souhaitaient une personne de confiance qui soit l’émanation de l’Orchestre. Moi j’ai dit « mais vous ne vous rendez pas compte, vous me demandez d’être chef d’orchestre, il faut que j’en discute avec mes collègues de l’orchestre au déjeuner ! Et je vous donne la réponse tout de suite après. » J’ai dit à mes collègues « je vous demande conseil, est-ce que je dois y aller ? »

Avez-vous eu peur en cet instant ?

"Pas la peur de diriger, mais de prendre la décision ! Oui ça m’a effrayé. J’ai dit d’accord je fais les essais acoustiques, mais j’ai insisté sur le fait que la direction d’orchestre m’intéressait seulement si je pouvais apporter quelque chose et si cela me permettrait de progresser. Les essais acoustiques, bon, le Palais n’était pas une bonne salle pour la musique. « Claude tu fais les essais acoustiques et on te dira ! »

Barenboïm connaissait un acousticien, on s’est retrouvés pour ces essais. L’orchestre m’a dit « et bien alors on ne t’a rien dit ? » Barenboïm est arrivé, m’a fait monter au pupitre, détaché de l’orchestre comme chef assistant pendant six mois, la première œuvre que j’ai dirigée, la Symphonie n°3 avec orgue de Saint-Saëns. J’ai aussi réintégré mon poste de violoniste, mais j’ai commencé à la demande de la direction à avoir des contrats de chefs pour des programmes consacrés aux jeunes, notamment avec Jacques Martin qui avait été le narrateur de Pierre et le Loup. Et surtout il y a eu une émission télévisée où Pierre PETIT interviewait Beethoven joué par Jacques Martin, un homme adorable, il m’a fait venir trois ou quatre fois à la télévision. J’ai dirigé des extraits de Beethoven, de symphonies, du concerto Empereur.

Les années ont passé et j’ai eu l’occasion de remplacer au pied levé trois chefs ! Dont une œuvre pour des scolaires.

Janvier 1982, l’épisode Kurt MASUR, il ne pouvait pas venir, pas de visa, guerre froide oblige ! Réunion spéciale du comité artistique de l’orchestre avec la direction pour informer du forfait de Kurt MASUR, Barenboïm ne pouvait pas venir faire la série et Yordanoff le violon solo me propose auprès de Barenboïm, qui accepte immédiatement. Le programme était lourd. Ça s’est passé un jeudi matin, je faisais du covoiturage pour des collègues dont un était au courant, mais ne m’a rien dit sur le moment… Le lendemain matin, coup de téléphone de la direction de l’orchestre pour décider de ma nomination pour ces remplacements.

J’ai remplacé Barenboïm en 1983 à la Salle Pleyel avec le trompettiste Maurice André. Puis j’ai fait des concerts en tant que chef associé en 1984. C'est là où ma carrière de chef indépendant a vraiment commencé.

Nicole HENRIOT, nièce de Munch et du Docteur Schweitzer, à cette époque m’avait dit : « il y a quelqu’un là-haut qui doit être content ! » Tous les ans nous allions fleurir la tombe de Charles MUNCH. Nicole Henriot m’a offert parmi un monceau de livres et de musiques appartenant à Munch et dont une partie avait été donnée à l’Ecole Normale, les deux tiers de ses partitions annotées par le Maestro, elles sont chez moi !

J’ai trois documents exceptionnels : notamment la partition de Roméo et Juliette de Berlioz achetée et offerte par l’Orchestre de Boston à Munch. Une édition du 19ème siècle pour la première de Roméo et Juliette avec une feuille de cahier qui recensait tous les chefs qui ont dirigé l’œuvre depuis 1888 !

Barenboïm* m’avait en somme offert une rampe de lancement. "

L’OdV - Orchestre de Vendée - OdV

"J’ai été nommé professeur de classe d’orchestre une année au CNSM de Lyon, ensuite j’ai été nommé pendant cinq ans directeur artistique de l’orchestre de Caen et puis j’ai été beaucoup invité, partout en France.

Vincent JAILLET l’actuel premier violon de l’ODV, avait été mandaté pour recruter un chef pour le Sinfonietta (ancien nom de l’OdV). Nous avons fait connaissance chez moi et tout de suite nous avons eu des affinités et j’ai été engagé. La saison était déjà programmée. Le premier programme que j’ai dirigé en octobre 1996 aux Herbiers, l’ouverture des Noces de Figaro, la septième de Beethoven et le concerto Empereur."

J’ai l’impression que Beethoven pour vous, c’est un peu une « colonne vertébrale » ?

"Naturellement, il fallait créer un répertoire pour l’orchestre. Le bon cahier des charges c’était faire progresser l’orchestre au moyen des grands classiques, Beethoven, Haydn, Mozart, certaines œuvres de musique française appropriée avec un effectif disponible à l’époque, seulement huit premiers violons, c’était peu ! Et une harmonie complète. Il fallait que je propose des programmes en musique française où intervenait une harpe.

A la suite de ça pendant 20 ans nous avons travaillé un répertoire de 324 œuvres. A partir de 2002, la nouveauté de l’orchestre de Vendée c'était des répétitions et des animations pédagogiques. Autant à l’orchestre de Paris qu’à Lyon lorsque l’on m’a demandé de faire des scolaires, c’était des concerts, il n’y avait pas l’interactivité qui fait l’originalité de l’OdV .

A l’époque le Directeur Général du Conseil Général [ex conseil Départemental], pensait que l’on devait faire valoir auprès des élus que l’on était différent par rapport à l’ONPL (Orchestre National des Pays de Loire), le financement était lourd, malgré le soutien financier du Conseil Général, mais ça revenait cher. Il fallait trouver d’autres arguments : ce que ne fait pas l’ONPL, l’Orchestre de Vendée le fait, notre force se faisait dans nos interventions en milieu scolaire. Je présentais l’orchestre, nous allions répéter comme si nous n’avions jamais joué l’œuvre. On a fait venir les enfants sur le plateau par petits groupes, on dégageait une heure pour les enfants. C’était un argument fort auprès des élus. On a eu la publication du Livret Pédagogique pour accompagner ces interventions et dont les professeurs se servaient.

On a fêté les dix ans de l’orchestre où les musiciens m’on offert un olivier ! Tout a admirablement marché."

Avez-vous jamais été tenté par l’enseignement de la direction d’orchestre ?

"Ah si ! J’ai formé pendant trois ans des chefs de musique en Ardèche, des élèves individuellement, par exemple l’alto solo de l’Orchestre de Chambre de Mexico que j’ai dirigé en 2004 comme chef invité, au Mexique. Ça a tellement bien marché que l’on m’a proposé de rester une semaine de plus, tout un programme que j’ai travaillé en 24 heures. J’ai été invité dans un certain nombre de pays, à Montevideo par exemple. Il n’y a qu’un conservatoire qui donne des cours de direction c’est le CNSM de Paris."

Quel a été votre souvenir le plus marquant avec l’OdV ?

"La Neuvième de Beethoven et tout son contexte. Egalement la Huitième de Bruckner parce que c’était la découverte pour les vendéens d’un compositeur qu’ils ne connaissaient pas, ils étaient subjugués ! C’était en 2009 avec 80 musiciens ! "

Au départ, chef d’orchestre c’était un métier très masculin, voyez-vous une différence entre un homme et une femme à ce poste ?

"Malheureusement les premières femmes qui se sont exprimées en direction d’orchestre sont minoritaires, ce qu’on a reproché c’est ce fameux complexe féminin. C’est un milieu qui fait barrage, il ne faut pas avoir de complexe ! Les premières femmes musiciennes c’était en France ! Les musiciens ont beaucoup de leçons à donner aux autres professions parce que c’est la seule profession où il y a l’égalité du salaire. J’avais quand même présenté une femme à Barenboïm qui dirige toujours actuellement. Il y a beaucoup de jeunes femmes qui dirigent tout de même.

En ce qui me concerne ma carrière a mis dix ans à s’établir, je trouve que les jeunes générations aujourd’hui ont beaucoup de talent, mais ça va trop vite. C’est comme si on avait demandé à l’Orchestre de Vendée de jouer le Sacre du Printemps dès la deuxième année ! Bon ces jeunes chefs dirigent la 3ème de Mahler, la septième de Beethoven, c’est très bien mais c’est comme ça qu’un garçon comme Semion Bychkov s’est brûlé les ailes, on ne dirige pas Beethoven comme on dirige Mahler ! On ne peut pas avoir le même geste pour Beethoven, Bruckner, Mahler ! "

20 ans avec l’OdV ce n’est pas rien, pensez-vous que l’orchestre s’est créé une identité sonore, artistique, quelle est sa signature aujourd’hui ?

"La signature fait partie de mon chemin personnel, le son d’un orchestre c’est le son du chef.

Pour l’anecdote, aux Chorégies d’Orange, l’Orchestre de Paris dirigé par Barenboïm dans un programme Beethoven, dans le théâtre Antique, celui-ci me fait signe de monter au pupitre, on joue la première partie. Parce qu’il avait repéré deux personnes avec qui il avait envie de discuter ! En pleine répétition générale ! J’ai refait tout le premier mouvement puis le début du deuxième, la répétition se termine, je vais ranger mon violon et je vois les deux interlocuteurs de Barenboïm qui s’avancent vers moi. Le premier hautbois supersoliste du Concertgebouw d'Amsterdam, flanqué du clarinette solo de l’Orchestre de Rotterdam. Ils me demandent : « il fait ça souvent Daniel avec vous ? Il y a une chose qui nous a frappée, c’est que lorsque vous avez pris la baguette le son de l’orchestre a changé ! »

Deux mois après on fait la tournée en Angleterre, la troisième de Brahms, au Royal Festival Hall, Barenboïm commence la répétition, puis il me fait signe de le remplacer (il dirigeait par cœur) pour aller voir un ami dans la salle. Ce dernier me pose la même question ! « Il fait ça souvent ? Quand vous avez pris la baguette le son a changé ».

Il y a une alchimie, une sorte de magnétisme . Quand Munch nous a dirigé, c’était un génie, il nous faisait faire des choses que pas un seul chef nous a fait faire, par exemple, les pianissimos, j’avais l’archet qui ne touchait plus les cordes ! C’était l’équilibre ! " (Claude Bardon mime le geste.)

Prendre sa retraite, est-ce que vous vous y croyez ? C’est un métier très physique !

"Non, mais c’est sûr je ferai moins de concerts.

Il y a les 50 ans de l’orchestre de Paris, l’année prochaine, je suis un des rares musiciens de cette époque à être encore en fonction. C’est incroyable depuis 48 heures j’ai des insomnies, je retravaille de tête la Symphonie Fantastique par cœur ! ".

Je vous souhaite de rediriger l’Orchestre de Paris pour ses 50 ans !

 

Les "anges gardiens" de Claude BARDON

[[Décrire l'image]]
Charles Munch et la création de l'Orchestre de Paris, 1967
source: ORTF, 1ère chaîne (Collection: Panorama )

 

Charles Munch est un chef d'orchestre français, né allemand à Strasbourg le 26 septembre 1891 et mort dans son sommeil à Richmond le 6 novembre 1968.

 

Ecouter voir: http://www.francemusique.fr/emission/france-musique-la-nuit-aubade/2014-2015/charles-munch-les-annees-boston-1949-1962-2-2-06-07-2015-05-00

 

 

 

Pierre Dervaux
Pierre Dervaux, photo J.-F. Gitton

 

Pierre Dervaux est un chef d'orchestre français, né le 3 janvier 1917 à Juvisy sur Orge et mort le 20 février 1992 à Marseille.

Il fut notamment professeur de direction à l'Ecole Normale de musique de Paris, de 1964 à 1986

Ecouter voir:  http://www.artlyriquefr.fr/personnages/Dervaux%20Pierre.html

 

 

 

 

 

 

Ievguéni Svietlanov
www.svetlanov-evgeny.com

* Ievgueni Fiodorovitch Svetlanov est un chef d'orchestre, pianiste et compositeur russe. Né le 6 septembre 1928 à Moscou, s'est éteint le 3 mai 2002 dans la même ville.

 

Ecouter voir: http://www.svetlanov-evgeny.com/

 

 

 

Daniel Barenboïm
Editions Fayard

 

 

 

Daniel Barenboim est un pianiste et chef d'orchestre de nationalités argentine et israélienne. En 2002, il reçoit la nationalité espagnole et, depuis janvier 2008, il est également porteur d'un passeport palestinien

 

Ecouter voir: http://www.francemusique.fr/actu-musicale/le-pianiste-et-chef-d-orchestre-daniel-barenboim-lance-sa-chaine-youtube-138795